Archive for novembre 2009

Expos

novembre 29, 2009

Comptines et cauchemars (nursery rymes and nightmares)
Autour de proverbes (si t’as faim mange ta main, …), de personnages inquiétants (chevalier borgne et princesse folle, le roi des marionnettes, la poupée fracassée) une danse macabre de jouets .

Funérails (enfance) –(funerals (childhood))
Toujours des marionnettes, des poupées de chiffon mais aussi des lieux de l’enfance : cour de récréation, classe, chambre, jardin, garage à vélos.

Tom se souvenait d’un paragraphe dans un article d’une revue d’art :
« Sa première exposition, Nursery Rymes and Nightmares (Comptines et cauchemars), était construite autour de comptines enfantines et chaque tableau avait pour titre une de ses comptines ou parfois un proverbe : Trois petits cochons, le diptyque : Si t’as faim, mange ta main et garde la deuxième pour demain, Le roi des marionnettes, La princesse folle, Le Chevalier borgne… Inutile de préciser que la plupart de ces comptines n’existent pas, sauf dans l’esprit de Vic, ce que suggère la deuxième partie du titre de cette exposition : Nightmares, Cauchemars. Ces personnages effrayants, d’autant plus venant d’une enfant de 9 ans, âge que Vic avait quand elle a peint tous ces tableaux, forment un peuple difforme et organisé autour du Roi des marionnettes. Ce tableau, placé par Vic au centre de la pièce, représente une cour de poupées de chiffons usées, de peluches abîmées et de pantins tombés à terre. A gauche siège le roi, un pantin de bois à peine en meilleur état que ses sujets. Son trône est un coffre en bois recouvert de graffitis comme ceux que les enfants gribouillent à 4-5 ans. Il n’est le roi que parce qu’il porte une couronne et les teintes majoritaires du tableau, beige et Sienne, affirment que son royaume est sur la pente décadente. Il n’y a aucune couleur éclatante, la couronne d’or est sale. Le roi semble écouter les doléances d’une marionnette détachée du groupe, pliée en deux dans une sorte de révérence. Tout est mort dans ce tableau : aucun dynamisme, ni mouvement, la scène se lit de gauche à droite, tous les personnages sont au même plan, le fond est flou, on ne distingue aucun décor, aucun meuble à part le coffre-trône. Le reste des oeuvres est dans la même ligne. Il semble que Vic en ait fini avec son enfance triste qui, sans être malheureuse, semble morbide.
La deuxième exposition, Funerals (childhood) -Funérails (enfance) , confirme cette impression. Si on retrouve les jouets comme personnages des tableaux, ils ne sont plus les pièces principales. Vic propose ici un panorama des lieux de son enfance et par-là même de la nôtre aussi. On visite ainsi Le Jardin, Le Garage à vélo, La Cour de récréation, La Classe et d’autres lieux plus personnels : Le bureau de mon père, Ma chambre, La salle à manger de Grand’Mère. Aucun titre significatif : ils ne font que décrire ce que l’on voit. On distingue comme un fil conducteur entre les œuvres : les poupées ou les peluches dans un coin de chaque pièce, comme abandonnés par l’enfant qui ne joue plus avec. Aucun être vivant, pas même un animal de compagnie, ni oiseau, ni insecte. Les teintes des tableaux sont plus variées mais restent ternes comme des journées grises pour les scènes extérieures ou des après-midis pluvieux pour les intérieurs.
Après cette exposition, qui a eu lieu un an après la première, un intervalle de trois ans s’écoule avant que Vic expose ses portraits. Elle refuse de parler ce qui l’a poussé au silence. Mais le fait que désormais elle expose des êtres humains uniquement tranche avec une telle vigueur sur ses débuts qu’il est facile de comprendre qu’elle a changé complètement. Pourtant, Vic, comme elle me l’avoua lors d’une autre interview, n’a pas cessé de peindre des tableaux plus tristes, mais nettement plus abstraits. L’absence de fond pour chacun des portraits, où seul le blanc de la toile contraste avec le sujet, nous aide à comprendre que l’enfant existe, enfoui derrière ces visages. « 

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Famille_1

novembre 29, 2009

Cette femme, l’adjoint du préfet,tous les flics la surnommaient La Légende, tous avaient entendu parler d’elle. Ils savent qu’elle  a quatre enfants en tout, un fils, trois filles, mais ces deux-là, tous les policiers en ont entendu parler : Junior, la fille aînée qui ressemble à sa mère et qui déteste les flics ; Babe, la petite dernière, qui a fait toutes les conneries d’une gamine qui a du mal à grandir. Des légendes à elles seules, comme leur mère. Seulement, Babe s’est calmée depuis un certain temps, il sait comme ses collègues qu’elle est sortie du camp de redressement et qu’elle se tient tranquille. Les enfants de La Légende se tiennent à l’écart. L’aînée haïssait  encore plus les journalistes que les flics depuis son enlèvement à l’âge de sept ans. Elle vivait à l’autre bout du pays sous un autre nom. La deuxième voulait être flic comme sa mère et en attendant que celle-ci lui donne le droit de prendre la relève, elle suivait des études de droit. Le fils, on ne savait rien de lui, il était parti en Europe et il y était encore. Même les journalistes qui s’étaient déchaînés à tout déterrer n’avaient rien trouvé sur lui. Ils avaient abandonné, ils avaient trop à faire avec Vic, jusqu’à ce qu’ils trouvent une autre proie. Quant Tom pensait à elle, cela ne ressemblait en rien à tout ce qu’ils avaient écrit sur elle.