MS metteur en scène

La première fois que j’ai rencontré Vic, c’était chez SS. On discutait dans son salon, assis dans les fauteuils. Elle est entrée dans la pièce, SS l’a présentée « Vic, une amie ». Elle n’a pas dit un mot, elle est venue s’asseoir avec nous, dans un coin du canapé et elle nous a écouté.
Nous parlions de l’accueil de mon dernier film, celui avec SS. Il y avait Bob, mon attachée de presse et un envoyé de la production. Vic nous regardait, surtout Bob et moi. Elle avait un air attentif, un air béat, elle se mordait la lèvre, les mains sous le menton. Un moment, SS l’a regardée : Vic avait la bouche ouverte, les yeux arrondis. Puis SS a tendu le bras vers elle et clap! Elle lui a fermé la bouche ! Vic a sursauté, elle s’est dégagée, elle a changé de visage instantanément : les sourcils froncés, les yeux en colère. SS lui a demandé :
– Pourquoi tu n’as pas autant d’admiration pour moi ?
– Tu n’es pas à la hauteur. J’ai en face de moi le plus grand metteur en scène américain et son acteur fétiche.
– J’ai fait un film avec eux.
– Et alors, c’est juste un film.
On avait l’impresion que SS était blessée de l’attitude de Vic, elle cherchait son approbation mais la gamine ne se laissait pas faire. En tout cas, nous de notre côté, nous étions juste des spectateurs. Nous assistions à la scène sans pouvoir intervenir, elles n’étaient plus avec nous, elles nous avaient exclus de leur dialogue. Ces quelques phrases avaient créées entre elles une véritable intimité. SS lui a passé la main dans les cheveux et elles sont revenues parmi nous. Voilà, c’était fini. A partir de là, c’est comme si Vic avait retrouvé l’usage de la parole. Elle a parlé, parlé. En fait par une extraordinaire coïncidence, sa grand’mère sicilienne avait connu ma mère à New York. Elles habitaient le même immeuble dans Little Italy. Je lui ai posé quelques questions en italien, elle m’a répondu sans problème ! C’est sa langue maternelle, ses deux parents parlent italien entre eux. Ca faisait marrer Bob de voir une gamine aux yeux bleus parler italien sans accent.
Plus tard, je suis passé chez elle, à son atelier paumé dans le ghetto. On s’était découvert une passion commune pour le cinéma. Je lui apportais une bande de The Wild One. Je l’ai surprise couchée sur la pelouse observant l’herbe avec une loupe. Elle suivait des fourmis, elle voulait les peindre.
J’aurai voulu la filmer à ce moment-là, vous comprenez, pas faire un film avec elle comme actrice, non. Juste la filmer en train de vivre, au naturel.

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