Photographie

avril 2, 2010

«  Les photographes prennent les êtres pour des objets et leur volent leur âme, comme les indiens le pensent. En plus, ça a l’air tellement facile, ils appuient juste sur un bouton, c’est humiliant. Alors que peindre, ça laisse une chance au sujet. L’affrontement physique avec la toile et les couleurs. Ca ne donne pas forcément un bon résultat, l’échec existe. Bon c’est plus facile de reprendre une toile qu’une photo. Mais le peintre ne demande pas au sujet de se mettre dans des positions impossibles. Il créée lui-même la position et par son savoir anatomique, sa technique, il redessine le corps comme il l’imagine. Moi, je vis avec le sujet chez lui, quelques jours. Et je ne peints pas de nus ou très peu. Des gens que je connais et le seul photographe que je tolère c’est Cid, ma sœur. Elle sait ce que je veux et ne veux pas ! »

Famille

avril 2, 2010

– C’est quoi la famille pour vous ? Quel impact cela a dans votre façon de vivre ?

– C’est très important. Eh, je suis italienne moi !, à moitié en tout cas. J’ai deux soeurs et un frère. J’ai grandi dans une tribu, avec des parents aimants et attentifs, présents, même si avoir une mère qui est flic ne garantit pas, contrairement à ce qu’on pourrait croire, une véritable sécurité. Mais j’ai eu une bonne base pour devenir adulte. Malgré tous les clichés que ça sous-entend, je suis solide grâce à mon enfance. Enfin, je crois.

– Et votre soeur jumelle ?

– Là aussi, il y a beaucoup de clichés qui circulent sur les relations entre jumelles. Mais certains sont vrais !!! Elle ressent les mêmes choses que moi, mais elle ne les analyse pas de la même façon. Elle ne s’en sert pas de la même façon. On a des vies trés différentes : elle est beaucoup plus normale que moi !

Ecorché vif

avril 2, 2010

– Vous avez fait des peintures sur corps, n’est-ce pas ?

– Oui, enfin, c’était plus proche de la sculpture. J’ai fait ça l’an dernier à New York. J’y suis restée deux-trois mois. Mais c’était pas super, New York , la ville je veux dire, la peinture sur corps, ça, ça allait. Vous connaissez le jeu « l’homme transparent » ? C’est un bonhomme en plastique transparent, comme ça vous voyez tous les organes à l’intérieur. Ce jeu m’a toujours fasciné. Alors, j’ai essayé de faire le jeu grandeur nature. J’ai trouvé des gens, des modèles payés bien sûr ! Mais comme je leur demandais de se tondre tout le corps, j’ai dû chercher chez des tribus bizarres, genre punk, marginaux, drogués …Bref, donc, j’ai commencé sur des mannequins, que je recouvrais de pâte, de résines que je peignais, par-dessus la couche. Après, je suis passée au corps, directement sur la peau. C’est difficile parce qu’il faut que la peau respire. Mais, bon, j’ai trouvé une peinture, une sorte de maquillage. Le principe est de recouvrir la partie du corps à dessiner. Je voulais faire le corps entier, mais c’est un boulot fou. Tous les jours il faut recommencer à recouvrir le corps d’une première couche, puis peindre vraiment sinon c’est pas vivable pour le modèle. C’est trop long : il peut pas manger, ni boire, aller aux toilettes…Donc, vous recouvrez de fond, une couche fine et vous modelez en rajoutant de la matière, vous sculptez vraiment les veines, les muscles et enfin vous peignez, vous mettez tout ça en couleurs. J’ai beaucoup appris en anatomie humaine. Le plus difficile, c’est les raccords avec la vraie peau. Il faut diminuer les couches pour arriver en douceur à raccorder. En fait, c’est un peu Terminator, mais sans ferraille. J’ai appelé ça « les écorchés ». Comme le modèle se lave, c’est une œuvre éphémère, mais j’ai filmé une partie du travail et tous les modèles finis. Comme ça, j’ai gardé une trace mais ça n’est pas le plus important.

Dîner

avril 2, 2010

 » Ouais, j’me rappelle. Vous savez, le coup : la copine qui présente son copain à sa meilleure copine, classique ! Je vous la fais comique, mmm ? Ok ?

Alors, bon, j’arrive, à l’heure, comme toujours. Et je me retrouve devant un mur de gorilles. Vous savez comment on sait que SS est dans le coin ? Au nombre de gorilles en liberté. Enfin, bref, j’essaie de me glisser, pas facile mais y’a David le gorille perso de SS qui me voit. Signal à la tribu, je passe. Hop, premier mur. Dans le restau, je cherche notre table, pas compliqué, il faut juste repérer le 2e mur de gorilles. Notre table c’est là où y’a pas assez de chaises pour tous les mecs autour. Et là, personne ! Je suis la première arrivée ! Les gorilles sont là pour tracer le chemin dans la jungle. Je pose mon cul sur une chaise. Je chope David, je lui demande à quel stade en était SS quand il est parti : sous-vêtement, habillée, maquillée ? Il me dit : « maquillée ». Ok, j’en ai pour une petite heure. Je mets mon casque sur mes oreilles, je sors une revue. Et je lis. Evidemment, je ne lis pas, je pense à ce foutu dîner, je sais déjà que ça va être chiant : elle va me demander ce que je pense de ce mec. Et si je dis que je le trouve bien, le jour du divorce, elle me collera tout sur le dos. Et si je lui dis que c’est un con, elle ne m’écoutera pas et me traitera de jalouse… Puis je me mets à penser au précédent. D’ailleurs, c’était moi qui lui avais présenté, mais je ne pensais pas qu’elle serait aussi rapide, plus que moi ! N’empêche après, j’ai dû la consoler ! Au moins trois semaines, non, celui-là trois jours, enfin plutôt trois secondes. Enfin, c’est toujours la même histoire elle et ses mecs… Et pendant que je mijote, le temps passe. A un moment, enfin, un coup sur l’épaule me réveille, je me tourne et qui voilà ? Ils sont là les amoureux, joli couple. On a diné, on a parlé, je me suis fait chier. Notre conversation, c’était que du vent. On a parlé de tout sauf de l’essentiel : le bonheur, la peine de mort, l’avortement, de l’éducation des enfants, du travail et de sa place dans une vie … Comment se faire une idée de quelqu’un sans aborder ces questions-là ?

Au fromage, SS se lève pour aller se refaire une beauté, c’est le signal : je dois moi aussi me lever et la rejoindre aux toilettes. Elle m’attend et tout de suite : « Alors, comment tu le trouves ? » Je m’en sors par une pirouette : « Tout à fait baisable ». Elle me regarde : « Tu ne l’aimes pas. » Ce n’est pas une question. J’aurais pu encore lui mentir. Mais j’ai décidé d’être franche : « Dieu a fait le monde en 7 jours, et toi, tu voudrais que je me fasses une idée de ce type en un dîner ! ». Elle a compris. On est retourné manger le dessert.

Aprés, on a passé un accord, on se laisse le temps de construire une relation avant de se présenter notre nouveau mec. Au moins deux mois de fréquentation. Ca élimine beaucoup de dîner chiant ! »

La Critique

avril 2, 2010

– Une de vos particularités est de donner des explications incompréhensibles et de conclure avec « si vous voyez ce que je veux dire… »

– Ouais, mais c’est pas grave, y’a toujours quelqu’un pour comprendre et expliquer mieux que moi. Après, je me contente de le citer. Ca sert à ça, la critique : à mettre des mots sur vos sensations, sur les ressentis d’un tableau. Autant pour certains tableaux, tout est calculé, autant pour certains, je fonctionne à l’instinct et je ne sais pas vraiment ce que j’ai peint. Et puis les gens qui vous posent des questions ne vous laissent pas souvent le temps de réfléchir, et des fois la question mérite vraiment une vraie réponse parce que justement cela révèle un sujet intéressant. Enfin, en général, je n’arrive pas à être claire parce que j’ai envie d’être précise et donner une réponse complète.

– Vous aimez aller dans les musées, observer les autres tableaux.

– Oui, c’est important de voir les autres. J’ai passé des accords avec des musées, je leur ai donné certaines de mes oeuvres et en échange, ils me permettent de venir les jours de fermeture pour visiter tranquillement, prendre mon temps sans être génée par les gens qui passent devant les tableaux. J’aime, quand je regarde un tableau, le silence. Parce que la peinture ne demande qu’à un seul sens de s’exercer et il faut de la concentration, les mouvements dans la périphérie de la vision me gêne. Je n’ai pas besoin des discours des guides non plus. J’aime être seule avec le tableau.

Cinéma

avril 2, 2010

– Je dois vous avouer que je n’ai jamais vu une telle collection de films !

– Je crois que M.S. en a plus.

– Vous aimez le cinéma.

– Non, c’est juste pour remplir mes étagères … Je suis fascinée par les films, c’est ma drogue préférée.

– Pourquoi cette fascination ?

– La puissance de l’imaginaire de quelqu’un d’autre qui s’impose à vous. Une envie de dépaysement, ce mystère qui permet aux acteurs et aux actrices de devenir des êtres légendaires.

– D’où vos portraits…

– Oui, j’espère avoir capté un bout de la magie.

Cadeau

avril 2, 2010

– Pourquoi vous n’aimez pas les cadeaux ?

– Pfff. J’en ai déjà parlé. Vous savez, on finit par se demander s’il faut vraiment se battre. Vous acceptez, vous remerciez et puis ça suffit. Maintenant en tout cas, je suis revenue sur le fait de refuser tous les cadeaux. Je n’aime toujours pas les cadeaux. Certaines personnes ne savent pas dire autrement qu’ils vous aiment. Je crois que je suis plutôt contre le fait que ça arrive mécaniquement, sans réelle envie de faire plaisir. C’est mon côté romantique, même si je n’aime pas non plus les surprises.

– Vous recevez beaucoup de cadeaux ?

– Ca dépend, de ma grand’mère surtout, elle est de la vieille école. Celle où il n’est pas de bon goût d’exprimer ses sentiments. Elle le fait autrement.

– Est-il vrai que SS vous a offert une voiture ?

– Oui. SS fonctionne de la même façon que ma grand’mère. Mais SS, je n’ai pas hésité à lui expliquer, ma grand’mère, je crois qu’elle ne saurait pas comment se débrouiller avec ça. J’aime recevoir ses cadeaux de toutes façons, elle a tellement de plaisir à les offrir, ce n’est pas comme si elle essayait de m’acheter. Avec SS, on passe du temps ensemble, ça me suffit comme cadeau. Les objets que m’offre ma grand’mère ce sont des souvenirs matériels qui me restent d’elle.


Amitié

avril 2, 2010

« Je ne veux pas que mes amis se rencontrent entre eux, ou alors sans savoir qu’ils me connaissent ou sans que j’y sois pour rien. Je ne veux pas prendre le risque qu’ils construisent une relation qui m’excluerait. Je suis exclusive avec mes amis. Ils n’ont pas le droit d’être avec quelqu’un d’autre que moi. Quand je ne suis pas là, je m’en fiche mais sinon, c’est avec moi et c’est tout. La raison, je la connais et je l’assume ! J’ai peur d’être moins aimée ou plus du tout. Je pense même que cela vient de ma soeur jumelle, on a toujours tout partager et tout vécu ensemble. Quand elle a épousé un de mes amis je me suis sentie trahi par les deux à la fois. C’est trop douloureux et je ne veux plus revivre ça. On n’a plus la même relation et ça me manque et ça me fait vraiment chier !! Maintenant je cloisonne. Dans chaque pays où je vais, il y a des amis que je vois et même si ils savent que ailleurs je vois d’autres gens, il n’y aura pas de contact entre eux. Je ne mélange pas . Personne ne connait personne et je suis leur seul lien. La célébrité change la donne mais s’ils tiennent à préserver notre relation mes amis savent ce qu’ils ont à faire. D’ailleurs, c’est bien dans ce but que je raconte tout ça dans votre journal ! »

IA

mars 11, 2010

J’ai rencontré Vic sur le tournage de Devil. La première impression à été très forte : elle s’engueulait avec SS. Elle lui reprochait de la prendre pour son caniche. SS peut être très possessive, c’est vrai.
Et puis, apparement, Vic est arrivée en retard mais, d’aprés ce que j’ai compris, elle avait voyagé en stop, elle ne pouvait pas prévoir son heure d’arrivée. En tout cas, leur dispute a été très violente. Cela s ‘est passé dans la voiture de SS. Mais on entendait tout. Vic est sortie furieuse et elle est partie. Plus tard, SS m’a raconté que Vic avait passé la journée dans la ville voisine, au cinéma où il ne passait que des anciens films d’elle, en son honneur. Je me souviens bien de ce que Vic a dit à SS dans la voiture : «  Ecoute, écoute ce que je vais te dire… Ce n’est pas parce que tu m’aimes que je t’appartiens, ce n’est pas parce que je t’aime que tu m’appartiens. Je n’ai jamais payé pour être aimée. On ne m’a jamais payé pour … aimer. Mais bon sang ! Est-ce que tu sais seulement ce que ça veut dire, aimer ??!! Ce n’est pas payer et prendre !! Aimer, c’est offrir et recevoir !! Alors, arrête, arrête de vouloir m’acheter, arrête de croire que je veux me vendre. Tu m’aimes et c’est ton seul droit sur moi, je t’aime et c’est mon seul droit sur toi. En tout cas, change ta manière de vivre avec les autres. Parce que tu vas finir par crever comme une vieille peau et y aura même pas un connard pour te pousser dans le trou. » C’était très fort. SS, elle avait l’air démonté. Pour la première fois, je l’ai vue impuissante, sans réaction. Pendant toute la journée, elle n’a rien dit, ni protesté.
Le soir, Vic est revenue. Elles avaient prévu de passer le week-end ensembles. On était jeudi alors. Elles se sont reconciliées le soir même. Enfin Vic était sur le tournage le lendemain. SS était timide, elle n’osait rien dire, Vic aussi. On aurait dit deux fauves se tournant autour pour chercehr à se reconnaître tout en évitant de rouvrir leurs blessures. Puis, les bétises de Vic, enfin ses maladresses, ont détendu l’atmosphère. Je croyais qu’elles étaient déjà des amies intimes. En fait, SS m’a avoué que c’était la première fois qu’elles passaient quelques jours ensemble, elle ne savait même pas pourquoi elle l’avait invitée sur le tournage. Elle avait senti quelque chose qui l’attirait chez cette gamine. D’ailleurs, je suis sûre que tous ceux qui ont rencontré Vic vont vous raconter la même chose.
Mais il n’y a qu’avec SS que Vic a établi une relation aussi forte, aussi conflictuelle.
Avec moi, elle était plus distante, plus respectueuse malgré mes efforts…

Ex amant de SS

mars 11, 2010

Je me demande pourquoi SS et Vic s’aiment. Parce que Vic est la seule personne qui lui résiste, parce que SS, comme tous les nouveaux riches, est fascinée, même si elle les méprise, par les familles riches depuis des générations… Et beaucoup d’autres choses encore.
Vic a une telle aisance avec l’argent. Elle en connait la valeur mais elle garde toujours ses distances, les gros chiffres ne l’impressionnent pas. SS a une … fascination pour l’argent, ça tourne à l’obsession même si cela ne l’empêche pas d’être généreuse. En tout cas, l’attitude de Vic la révolte, elle ne comprend pas et en même temps elle l’envie. Alors elle offre à Vic des tas des cadeaux, elle essaie de … pas de l’acheter, enfin c’est presque ça, mais elle veut lui montrer qu’elles sont du même monde.
Sauf que Vic lui résiste : elle refuse que SS lui achète tout ça, ses fringues, qu’elle prenne ses rendez-vous avec les journalistes, qu’elle organise sa vie. En fait, Vic ne veut pas que SS la modèle à son image. D’où les disputes. Je pense quand même, que si Vic s’était laissée faire, SS l’aurait moins … moins estimée. Elle ne se serait même pas intéressée à elle. En tout cas, avec les autres, amants et amis, SS a toujours agi comme ça.
Dès la première rencontre, elles se sont opposées. Vic a refusé de faire le portrait de SS. D’aprés ce que je sais, c’est quand Vic a vu son dernier film, celui qui a valu un oscar à SS, qu’elle a accepté de le peindre. Bon, en tout cas, leur première rencontre a été explosive, pimentée. Tout ce que je sais, c’est que Vic a fait semblant d’accepter de peindre SS pour s’en débarasser et le lendemain, SS a reçu… un miroir. La colère de SS !!
J’ai vu leur relation évoluer, même quand j’ai quitté SS, j’ai toujours gardé contact. J’ai donc bien vu les étapes. Plus Vic aimait SS, plus elle la connaissait, plus elle voulait faire de SS un être parfait comme si elle n’admettait pas que son amie, sa meilleure amie, puisse avoir des défauts. Et c’est SS qui à son tour, a refusé de se laisser faire. Vic n’a pas procédé de la même façon que SS, elle a avancé progressivement, avec douceur mais fermement. SS n’a pas facilité les choses, elle se braquait d’où les disputes encore. Mais c’était très différent : c’est SS qui refusait de se laisser faire et c’est Vic qui menait le bal.
Elle a beau joué les faibles, Vic est bien plus costaud, elle est très forte, beaucoup plus que SS qui malgré ses refus, a accepté les changements de Vic. Maintenant, leur relation est bizarre. La réalité et le jeu, parce qu’elles jouent toutes les deux, se sont mélangés. Qui est faible ? Qui est forte ? Impossible à savoir et puis elles s’en foutent au fond, elles s’aiment et je vais même demander qui est Vic ? Qui est SS ?